Jacques Guillemant

photo-jacques-guillemant

Depuis Aout 1986, notre famille est confrontée aux sévères conséquences d’un traumatisme crânien dont a été victime mon frère Philippe. En l’absence de structure adaptée à l’époque, mes parents imaginent la création d’un centre pour traumatisés crâniens sur un schéma novateur. Dès 1987, ils participent aux débuts de l’AFTC IDF qui en soutient l’idée. Ce centre, aujourd’hui un FAM, ouvre en 1996, et depuis, Philippe y réside. Ensuite, mon père a participé très activement aux activités de l’AFTC Bourgogne.

Aujourd’hui, surtout depuis le décès de mon père en 2009, je suis dans la situation de celui qui reprend en charge le suivi d’un proche, au moment de la vieillesse des parents. Je suis cotuteur de Philippe avec ma mère, pour pouvoir assurer plus facilement la continuité.

Depuis la famille a été frappée par deux autres accidents, par rupture d’anévrisme cérébral en 2014 pour ma sœur Catherine et début 2016 pour une autre de mes sœurs, Marie Christine.

Tous ces évènements, dont je n’ai pourtant pas assumés directement les conséquences, m’ont rendu très sensible à la nécessité de participer modestement mais activement au soutien de la cause des Traumatisés Crâniens et Cérébro-lésés.

C’est à ce titre que je suis fortement investi dans l’association créée par mes parents et qui aujourd’hui gère un FAM et plusieurs services dans le nord de l’Yonne.

Mais aussi, conscient des enjeux et de la complexité de l’organisation sociale pour apporter un service toujours mieux ajusté, ou pour en créer de nouveaux, j’ai acquis la conviction que l’existence d’une association de familles est une force de conviction indispensable pour initier des orientations, des projets ou en garantir la pertinence. De plus, l’expérience tend à prouver que de nombreuses familles confrontées aux suites de l’accident sont isolées dans leur désarroi, et restent tantôt sans solution, tantôt avec des réponses inadaptées.

C’est dans ce but que j’ai souhaité rejoindre l’AFTC BFC. L’esprit dans lequel je conçois mon rôle d’administrateur est pour que les familles notamment de l’Yonne, puissent trouver une structure de soutien apte à les aider pour ce handicap si singulier.

Aussi pour les sensibiliser à la nécessité de se mobiliser pour que, dans la société, leurs blessés puissent conserver leur dignité d’être humain et de citoyen et que leur accompagnement puisse se réaliser de manière pertinente et sans rupture de parcours